Christine Simonotti

    Troublée… je suis, à l’idée de me présenter, les pages blanches m’invitent au silence, au repos.

    Troublée, parce qu’évoquer une histoire qui est de l’ordre du souvenir, et avec laquelle je n’ai plus d’appartenance, ne peut, dès lors, que susciter la curiosité.
    Une histoire ordinaire non couronnée de formations, de diplômes apportant une légitimité sociale me définissant comme enseignante d’une quelconque idéologie.
    Une histoire ordinaire devenue extraordinaire à chaque levée de voiles sur le monde de l’imaginaire, s’appauvrissant au fur et à mesure de l’éprouvé de ce qui est nommé « le parcours » et donnant naissance à un état de pauvreté.
    Une histoire détricotée comme un pullover perdant chaque maille, ne laissant que du vide sur les aiguilles. Un vide, une infinitude de vides en dissolution d’un plein. Un dépouillement, tant en l’individu -qu’en l’âme- vivant l’amnésie du monde, et m’invitant à m’asseoir là, juste là…et Regarder, et Ecouter et Etre témoin de tout ce qui s’élève en Moi et qui n’est pas moi telle que je me suis toujours connue.
    Chaque sens « oreillé », Je Suis l’oreille du monde et je me présente dans l’aujourd’hui de toute éternité.

    Levée des voiles :
    « Hier,
    En servante de bonne volonté, j’ai dressé la table, juste dressé la table afin que Tu y poses le pain de nécessité. Voilà ce qui fut fait, voilà ce qui fut fait.
    L’accomplissement de Ta volonté : des pains de miettes parfumées, non pas de parfums olfactifs embaument mes narines, mais d’essences, d’émanations Originelles caressant les sens riches d’appauvrissement égotique. Là, je sais que l’homme, s’il est appauvri de Dieu est stérile. Voilà ce que je sais, voilà ce que je sais.
    L’heure est venue de l’affranchissement de la frivolité psychique…alors l’âme danse sur les ruines de la servante de bonne volonté réduite à l’état de pauvreté goûtant la Joie comme le rejeton de la Glorification. Voilà ce qui me caresse, voilà ce qui me caresse.
    Aujourd’hui Est de toute éternité. Le doigt se pose sur un pétale de fleur, la joue de Dieu est caressée, le corps s’habille de poussière de roses blanches, voilà la robe de l’âme, voilà la Robe.
    Aujourd’hui, vêtue d’une robe de poussière de roses blanches, les pieds s’éternisent sur un parvis de lait. Sur la pointe du cœur, la Terre Sainte est visitée en la prosternation des sens. Ne rien déranger en la Prose de Dieu, en l’Harmonie qui est Sienne. Dieu est une symphonie dans la matière. Invisible, silencieuse, l’échine courbée, Dieu me voit. Voilà ce qui m’habite, voilà ce qui m’habite, voilà ce qui m’enivre, voilà ce qui m’enivre.
    Chasteté égoïque dans le déploiement des sens afin de vivre l’exaltation de Ses parfums nourrissant l’âme et donnant naissance à un sonner les matines, un rappel constant de n’être qu’une pensée de Dieu, d’être dans l’accomplissement des actes Pensé par Dieu. Et que chaque murmure naissant de mes entrailles se fasse l’écho de son Verbe. »
    Extrait de l’Encrier des Parfums de Christine Simonotti ; éditions 2016.

    Les reflets d’âme :

    Tabernacle intérieur :
    Le lit de la psyché de l’âme (l’Êtreté) dont les voiles sont imbibés de Parfums, comme la cannelle, la violette et la poussière, d’une part reflète la Pensée inconsciente de l’homme, et, d’autre part, laisse émaner des archétypes nés de l’inconscient collectif, comme la rose, la pluie et le lait. L’esprit souffle sur ces voiles, et chaque Parfum éveille les sens. Enivrés nous sommes. De ce tabernacle intérieur sont nés ce que j’ai nommé les Reflets d’âme proposés lors des rencontres. Bien au-delà d’une pratique méditative ou d’une visualisation, ils sont un possible d’élévation de l’Êtreté  offrant la symbolique qui vous sierra égoïquement.