Viviane Roets

    Viviane a connu comme beaucoup d’entre nous des moments d’intuition et de rencontre du divin, ainsi que sa mise en questionnement, le sentiment de séparation, les peurs, les fractures intérieures.

    Au fil de nombreuses rencontres, peut-être toutes ses rencontres, le chemin vers l’ouverture, vers le cœur de soi-même a grandi en elle. Parmi ces rencontres, celle d’Yvan Amar lui permet de développer la relation consciente qui sera le fil conducteur de tout ce processus, celui où des êtres créent une disponibilité qui permet à cette grâce de grandir. Elle témoigne d’ailleurs de la rencontre de cœur à cœur par ces mots « nous créons de l’espace pour que cette grâce soit ».

    Pendant cette période et par la suite les rencontres se multiplient, de nombreux instructeurs dont Meera, Samarpan,… trouveront les mots qui font déclic en elle. Et en mai 1999 enfin, un passage sans retour se fait en elle, donnant sens à sa vie.

    La rencontre avec Viviane est simple, d’autant plus simple que son histoire ressemble un peu à celle de chacun d’entre nous, et qu’elle est porteuse aujourd’hui de cette confiance que cette grâce est en chacun de nous.

    En sa présence, nous pouvons mieux ressentir cet espace de silence et de plénitude qui est en nous. Elle sait à la fois toucher nos corps et nos cœurs avec force et délicatesse …

    Le parcours de Viviane

    Pendant son enfance Viviane comme beaucoup d’autres enfants a l’intuition que le divin est au cœur de nous-même. Elle dialogue ainsi dans l’intimité avec le divin et sent aussi cette relation d’intimité avec les personnes, les animaux, la nature… (et aussi ses nounours…)

    Puis une fracture a lieu en elle, elle vit l’expérience de la séparation, de la révolte, une énorme solitude, la mise en questionnement du divin. Cependant à l’adolescence des poèmes mystiques lui apparaissent pendant la nuit, comme un lien encore présent avec le divin.

    Vers dix-neuf ans, elle vit un premier grand chagrin d’amour, elle a alors la sensation que la réalité extérieure n’existe pas, que ce qui existe c’est un témoin en soi, mais ni son esprit ni son corps ne sont préparés à accueillir cette conscience-là. Elle vit cette perte de contact avec la réalité ordinaire comme une disparition du monde à laquelle elle n’est pas prête, cela génère en elle beaucoup de peurs. Cette période est suivie de longues années d’épreuves, de grandes fractures intérieures.

    A vingt-sept ans, elle part deux mois dans l’Himalaya indien. Sans quête particulière, elle se retrouve dans les monastères tibétains et participe aux pujas du Dalaï Lama. Au retour de l’Inde elle vit un effondrement où le contact avec le divin va être renoué comme dans l’enfance, elle lui demande de se montrer s’il existe, sinon plutôt mourir car cela n’a aucun sens. A ce moment-là elle va accueillir toute une série de clins d’œil, de cadeaux de l’existence qui semble confirmer son intuition.

    Dans son parcours elle rencontrera un groupe New-Age canadien. A ce moment-là lors d’un travail corporel et émotionnel elle reçoit nettement le message « la souffrance est ignorance, lève l’ignorance » avec en même temps un sentiment intérieur d’une immense douceur. C’est comme si le samouraï se retournait comme un gant, envahi par une vague d’amour qui transmute tout sur son passage et le sentiment que c’est cela la véritable force. Chaque cellule du corps devenant un brin d’or, un point de lumière vibrante…

    Puis elle rencontre Yvan Amar. Lors de leur première rencontre il lui dit « tu as le Réel très proche en toi ». Elle s’engage auprès de lui dans un travail de conscience corporelle et un enseignement spirituel qui durera sept ans. Pendant cette période elle vit beaucoup d’expériences d’unité sur plusieurs jours à différentes reprises, les peurs la ramènent à chaque fois au sentiment de séparation. Cette période auprès d’Yvan Amar est très riche de rencontres qu’il favorisait auprès de nombreux instructeurs. Derrière ces différents enseignements, ces multiples invités, la même réalité pouvait être pressentie et reconnue…

    En mai 1999 s’opère en elle un passage qui sera sans retour. Il est précédé de trois grandes rencontres. Meera donne à Viviane la confiance en une possibilité d’intégration. Lors d’un satsang avec Samarpan certains mots font déclic, « ce n’est pas à 99% mais à 100% qu’il faut se détourner de la manifestation pour découvrir ce qu’est le cœur de soi-même ». Etrangement une troisième personne joue un rôle par la négation, la non reconnaissance de ce qu’elle porte en elle.

    Lors de ce passage tout s’ouvre, toute sa vie prend sens. Elle ressent une gratitude infinie pour tous ces êtres qui ont participé à ce retour à soi-même, dont Yvan, sa mère, ses ami(e)s, sa famille… y compris ceux qui l’ont soumise à de rudes épreuves. A l’enterrement d’Yvan, Chandra Swami lui donne une véritable confirmation dans le silence d’un profond salut.

    Après des années à la fois de grâce et de mises à l’épreuve, d’observation du processus en elle, Viviane nous invite à un espace où le corps est un moyen d’écoute dans l’instant présent de ce que l’on est et de ce que l’on a toujours été. Lorsqu’on lui demande « Aujourd’hui que peux-tu dire de ce que tu vis ? » elle répond avec un grand rire « Il y a un peu plus d’espace aux encolures… Quoique… », elle ajoute « De grandes compréhensions apparaissent sans qu’il y ait à chercher à les saisir car elle ne rentrent pas dans le cadre des ambitions personnelles, elles changent juste notre regard. En même temps il semblerait que les limitations soient vécues avec plus de fluidité. Il y a des hauts et des bas, c’est un processus infini qui ne s’arrête jamais, ce qui est important ce sont les rencontres, elles donnent sens à notre vie sur terre, elles font que notre conscience de ce Réel grandit et que le cœur s’y ouvre ».

    Ce qui peut être ajouté est que la nature de Viviane est contagieuse. Elle procède plus par contagion que par transmission. Dans la présence, le silence, l’apprivoisement, dans la rencontre de cœur à cœur…

    Viviane aujourd’hui

    Aujourd’hui lorsqu’on demande à Viviane où elle en est, ce qu’elle devient, elle répond dans un éclat de rire « Nulle part… Je ne deviens rien… Est-ce que c’est nécessaire cette évolution ? » elle ajoute plus tard « Heureusement qu’on n’a nulle part où aller parce que partis comme on est partis ». Elle met en lumière avec humour notre désir de vouloir sans cesse évoluer, nous améliorer, et peut-être ainsi continuer à maîtriser et à contrôler notre vie. Elle parle très bien de cette opposition entre le Logos, qui objective tout, y compris la quête spirituelle, et le Mythos, qui laisse place à notre imaginaire, elle ajoute « Il s’agit de se connaître soi-même non pas en tant qu’objet mais par l’acte même de connaissance » puis elle résume son parcours par « La désillusion et l’enchantement ».

    Elle clarifie « La désillusion est une sorte de mort sans fin… plus rien ne me mobilise… j’ai toujours eu conscience de la mort et en même temps que celle-ci n’existe pas… maintenant c’est une telle évidence que nous ne sommes que de passage.
    Quant à l’enchantement, c’est celui de sentir chaque particule de vie comme soi… chaque seconde est un nectar de vie.

    Il y a aussi un passage vers une sorte d’hypersensibilité, ce qu’on pourrait appeler la supra-sensibilité, une sensibilité où on ne nourrit pas le drame, et où chacune de nos cellules est traversée par « ça », c’est un hymne à la vie, vécu dans la chair.

    Il n’y a pas à refouler les tsunamis émotionnels, c’est comme si chaque être humain, chaque plante, chaque situation douloureuse était rencontré dans les cellules, les cellules crient et en même temps ce n’est pas grave, quelque chose dit « face au sacrilège de la beauté du monde, laisse-toi pleurer. Il s’agit d’arrêter d’être « spirituellement correct ».

    S’il y a évolution c’est plus un regard tourné vers l’immanence du monde que sur sa transcendance. »

    Elle précise aussi avec humour « Je m’identifie de plus en plus… » et dans un grand éclat de rire « on ne peut pas être plus pleinement soi-même que soi-même ».
    En même temps Viviane actuellement ressent de plus en plus « l'âme du monde », comment le « Je suis » peut devenir contagieux, contagieux pour le monde. Belle promesse... rencontre inévitable avec soi-même...
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    Ces propos sont issus d’échanges spontanés avec Viviane, aussi prenons-les avec légèreté et simplicité, et laissons les retourner au silence.